
Sacré grand-père! (bis)
Le 16 janvier 1939 sont publiés à Santiago du Chili les statuts de la Compañia Minera Auxiliar SA. Ils ont été établis le 16 décembre précédent par quatre ingénieurs de la Société des Mines de Naltagua (Albert Pageyral, son fils Jean, Robert Bourdel et Julio Dominguez, ce dernier de nationalité espagnole, tous les quatre domiciliés à El Monte) ainsi que par Fernando Aldunato Errazuriz, avocat chilien, Albert Jacomet commerçant français et Roger Fay, employé français à la bourse du commerce, ces derniers résidant à Santiago.
La société, domiciliée à Santiago, est créée pour une durée de 50 ans, avec pour objet la prise de participations dans des sociétés de négoce ou d’extraction de minéraux.
Son capital social est de 7 200 000 pesos divisé en 72 000 actions nominatives de 100 pesos. Albert en possède 500, les 3 ingénieurs 200 chacun, comme Fernando Aldunato et Roger Fay, alors que Jacomet en possède 12 500. La société des Mines de Naltagua (représentée par Albert selon l’acte reçu à Paris par Maître Raoul Revel le 9 juillet 1938) acquiert les 58 000 actions restantes pour 5 800 000 pesos.
Chacun des actionnaires a payé 33 pesos par action à l’ouverture d’un compte au nom de la Compagnie par la Banco Francès et Italiano, le solde sera réglé en 2 fois : 33 pesos dans les deux mois et 34 pesos dans les trois mois de la publication du décret de création de la société.
Le directoire de la société est constitué (jusqu’à l’assemblée générale de 1939 qui en désignera les membres pour 2 ans) d’Albert Pageyral (président), Robert Bourdel, Juan Dominguez et Jean Pageyral. Roger Fay et Albert Jacomet en sont les commissaires aux comptes.
Je n’avais jamais entendu parler de cette société, ni par les parents ni par Jean Gueydan, et je n’ai (pour l’instant?) rien trouvé d’autre sur ses activités. Qu’a-t-elle fait et pendant combien de temps? A-t-elle été reprise par la société M’Zaïta lorsqu’elle a absorbé les Mines de Naltagua?
Les seules choses certaines sont que Jean (avec sa famille) a quitté le Chili courant janvier 1939, pendant la création de la compagnie chilienne, pour revenir en France, qu’Albert, fait commandeur du Mérite chilien en février 1939, a séjourné en France l’été 1939 et n’est retourné au Chili qu’au tout début de la seconde guerre mondiale (il est arrivé à Rio de Janeiro en provenance de Marseille le 20 septembre 1939). Il en repartira et reviendra à Paris, via les États-Unis, le 5 décembre 1939.
Dès son arrivée en France, il replie en zone libre (à Creysse dans sa propriété de Bella-Riva, où se trouvent déjà Amélie, Jean et sa famille) le siège de la Société des mines de Naltagua, ses deux secrétaires et leurs enfants.
Albert repart pour le Chili fin mars 1942, où il restera jusqu’au 22 mars 1946.
Le dimanche 27 août 1944, Albert préside à Naltagua une cérémonie organisée et financée par la Société des Mines de Naltagua pour célébrer la libération de Paris. Y participent l’Union franco-chilienne, la gérance de la société, les autorités de la ville et de la région, ainsi que les employés, les ouvriers et les mineurs de la Société. Ils défilent dans les rues de la ville au son de chants patriotiques, « réunissant dans une grande confraternité français et chiliens ». Des discours sont prononcés par Robert Bourdel, gérant de la mine, Mr Durot de l’Union franco-chilienne, le représentant des espagnols républicains travaillant dans les mines, le président du syndicat des ouvriers de Naltagua et le président du syndicat des employés.


Un commentaire
Guillemette
Bravo Bernard pour ces trouvailles !