Guilhaume Ciprien Dejeanne

Guilhaume Ciprien[1] Dejeanne est né le lundi 22 décembre 1845 à 10 heures du matin, dans la maison Navaillet 2, rue de Carrères à Asté (Hautes-Pyrénées)[2].
Il est le 3ème fils de Joseph Dejeanne (40 ans) et de Domenge Gachassin (23 ans).
Joseph est cultivateur. Il est élu au conseil municipal d’Asté pendant plus de 40 ans et maire de 1848 à 1852. Domenge Gachassin, décède de la fièvre typhoïde, à 27 ans, le 25 octobre 1849.


[1] D’une manière générale, les prénoms sont écrits tels qu’ils figurent dans les actes de naissance.
[2] Navaillet (ou Navailhet) : Le nom de maison est accolé au nom de famille dans les Hautes-Pyrénées : Dejeanne dit Navaillet. Il permet de différencier les différentes branches d’une famille.


Les 4 enfants du couple (outre Guilhaume : Gervais, né le 11/02/1841, François né le 11/06/1843 et Pauline, née le 30/07/1848, tous à Asté) sont élevés par leur père, aidé par une servante, leurs tantes et surtout par Geneviève Pétheil une cousine germaine, que les enfants Dejeanne considèreront comme leur mère.
Pour ses études, Guilhaume Dejeanne est pensionnaire, comme ses frères, au collège ecclésiastique de Bagnères-de-Bigorre. Il poursuit ses études au Lycée de Tarbes, jusqu’au baccalauréat ès lettres, comme son frère ainé Gervais.
Il suit les traces de Gervais, qui est devenu receveur en Algérie : le 1er janvier 1866, Guilhaume Dejeanne devient surnuméraire (voir ici) de l’Administration de l’Enregistrement, des Domaines et du Timbre. Il est en poste à Foix (Ariège), où il réside depuis l’âge de 20 ans.

Le 19 mars 1868, il est recensé dans les Hautes Pyrénées. Il est bon pour le service, mais absent : il a déjà été envoyé en Algérie par son administration.  La même année, il est aussi recensé à Alger, canton sud. Sa fiche matricule indique qu’il mesure 1,65 m, et que son niveau d’instruction est « 1,2,3 » (i.e. sait lire, écrire et compter, ce qui est inexact, car titulaire d’un baccalauréat, il devrait être noté 5). Sa fiche matricule indique surtout qu’il n’est pas disponible, car appartenant à l’administration des domaines.

Le 3 juin 1868, il est nommé receveur sans gestion de l’enregistrement à Alger. Ses bureaux sont au 1, rue Neuve-du-Soudan. Il demeure 28 rue de la Lyre (actuelle rue du Commandant Djouadi).

Rue de la Lyre

Comme tous les hommes des classes 1865 et 1866 déclarés bons pour le service et qui n’ont pas effectué de service militaire, lors de la guerre de 1870, au début de l’été, il est inscrit dans la Garde Nationale Mobile (Infanterie) du département des Hautes-Pyrénées, dans la 2ème compagnie du 2ème bataillon, sous le matricule 1197, avec le grade de Garde Mobile. Il est libérable le 30 juin 1871. Résidant en Algérie et affecté aux domaines, Guilhaume n’est pas incorporé.

Sa carrière dans l’administration évolue régulièrement : receveur rédacteur le 12 août 1870, premier commis de direction le 22 août 1873. Il est envoyé un temps à Constantine, le 9 janvier 1875, comme vérificateur de 3ème classe, et revient dès le 29 avril de la même année à Alger, avec le même grade.

Le 18 juillet 1878, à El Biar, dans la banlieue d’Alger, il épouse Marie Caroline « Hortense » Barberet.
Il a alors 32 ans et elle 21. Hortense est née le samedi 28 mars 1857, rue Bab el Oued à Alger. Elle est la 2ème fille des 7 enfants de Pierre « Henry » Joseph Barberet (40 ans) et de Marie Clotilde Mathieu (26 ans). Henry est docteur en droit, avocat-défenseur à la cour d’appel d’Alger depuis le 15 novembre 1841.

Guilhaume Dejeanne devient vérificateur de 1ère classe le 1er Janvier 1879, puis sous inspecteur de 2ème classe le 11 avril 1881. Il demeure alors 5 rue Colbert à Alger (actuelle rue Hocine Tiah, à l’angle avec la rue de la Liberté).

En 1879, il hérite avec son frère et sa sœur de son aîné Gervais, vérificateur de l’enregistrement, décédé le 20/08/1877 sans postérité à Miliana (Algérie).

Le 1er juillet de la même année, 5 rue Colbert, naissance du premier enfant du couple, Caroline « Marie » décédée l’année suivante, le 16 septembre, à 14 mois.
Leur second enfant, Marie « Marguerite » nait le 22 octobre 1880, toujours rue Colbert. Elle épousera Charles René Victor, militaire de carrière, à Tunis en mars 1905.

Le 20 décembre 1883, il est mis à la disposition du Protectorat de Tunisie, et quitte Alger pour Tunis avec sa famille où il devient sous-directeur des finances tunisiennes.

Le couple demeure 11 avenue de la Marine à Tunis. Par la suite, à des dates non connues, Guillaume achète (ou fait construire) une villa à Hammam-Lif (entre 1884 et 1893) et fait construire à Tunis un immeuble au n° 18 de la rue d’Athènes (entre 1891 et 1895). Il s’installe à l’étage avec sa famille et établit au rez-de-chaussée des bureaux de l’administration (Conservation foncière ?), avec au centre une chambre-forte.

Le 9 août 1884, il est sous inspecteur de 1ère classe, puis le 29 juin 1887, inspecteur de 2ème classe.

Le 26 mars 1885, avenue de la Marine : naissance d’Adeline « Marie », notre grand-mère maternelle, puis le 20 mars 1887 de Madeleine, qui épouse en décembre 1909 Alexandre Édouard Henri Catroux (frère de Charles René Victor), propriétaire à Saïda (Algérie).

Le 19 mars 1888, il est nommé receveur général des finances.

Le 25 mars 1889, naissance à Tunis de la 5ème fille du couple, Germaine. Elle reste célibataire.

Le 26 juillet 1890 il a le grade d’inspecteur de 1ère classe.

Le 3 août 1891, 1 place de la Goulette, naissance de Geneviève, qui épouse en 1924 Pascal Latour, alors chef de service à la direction générale des Finances de Tunisie.

Les 5 sœurs Dejeanne

Le 25 mars 1889, naissance à Tunis de la 5ème fille du couple, Germaine. Elle reste célibataire.

Le 26 juillet 1890 il a le grade d’inspecteur de 1ère classe.

Le 3 août 1891, 1 place de la Goulette, naissance de Geneviève, qui épouse en 1924 Pascal Latour, alors chef de service à la direction générale des Finances de Tunisie.

Le 11 septembre 1893, à Hammam-Lif, près de Tunis, le couple a un garçon, Gervais Henri, qui décède à l’âge de 3 mois le 26 décembre. (toute la descendance du couple ici)
Le 14 février 1895, naissance de leur 8ème enfant, Berthe Suzanne, qui elle aussi décède en bas âge, à 13 mois, rue d’Athènes.

Le 26 mai 1897, il passe directeur de 3ème classe puis le 6 mai 1901, directeur de 1ère classe puis hors cadre.

Le 1er octobre 1900, Guilhaume Cyprien Dejeanne part pour Marseille à bord du paquebot La Marsa et en revient avec son épouse et ses filles le 30, à bord du paquebot Ville de Naples.

En 1906, Guillaume Dejeanne est membre de l’Institut de Carthage (Association Tunisienne des Lettres, Sciences et Arts).

Il fait valoir ses droits à la retraite le 30 avril 1906, après 40 années de services civils. Il est nommé receveur général honoraire des finances tunisiennes (décret du 11 août 1906).

Dans son dossier de la Légion d’Honneur, il est noté : « Mr. Dejeanne a toujours été un fonctionnaire d’élite dans les situations qu’il a occupé en France et en Algérie dans l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines. Placé en mars 1888 à la tête de la recette générale des finances tunisiennes, il a dirigé cet important service avec une compétence et une activité auxquelles les Résidents et les Directeurs des Finances qui se sont succédé depuis lors en Tunisie, se sont plu à rendre hommage. A contribué au développement de toutes les œuvres de bienfaisances instituées dans le Protectorat depuis plus de 20 ans ».

Pendant l’été 1906, il est en France pour suivre une cure.

En 1913, lors de son décès, Guillaume Dejeanne était administrateur à Tunis du Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie.

Il décède le 5 janvier 1913, à l’âge de 67 ans. La cérémonie religieuse a lieu à la pro-cathédrale de Tunis et l’inhumation au cimetière de Bab El Khadra (Le cimetière a été désaffecté par le gouvernement tunisien en 1979. Les sépultures ont été transférées au cimetière du Borgel).

Il a obtenu les décorations suivantes :

  • Chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1906. La décoration lui est remise le 10 octobre 1906 par Louis Charles Clément dit Gaston Dubourdieu, son beau-frère (époux de Marie Henriette « Léonie » une des 5 sœurs d’Hortense).
  • Grand officier du Nichan Iftikhar.

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