Les polytechniciens de la famille


Gabriel Laffaille

Gabriel Laffaille est le premier homme de la famille à intégrer l’École Polytechnique, en 1794, année de sa création.

Gabriel Laffaille est né le 3 avril 1778 à Pouzac, petit bourg des Hautes-Pyrénées de 1000 habitants environ, proche de Bagnères-de-Bigorre et d’Asté, terre d’origine de nos ancêtres Dejeanne. Il est le fils de Dominique Laffaille (propriétaire et agrimasseur, c’est à dire arpenteur-géomètre) et de Gabrielle Condat. (voir la généalogie ici)

À l’âge de 8 ans, il parcourait tous les jours 3 km jusqu’à Bagnères pour aller à l’école, et le soir il complétait les cours par des leçons avec son oncle l’abbé Condat. Si bien qu’à 15 ans il possédait une solide éducation avec de bonnes notions d’arithmétique, d’algèbre et de géométrie. Dans le courant de l’an II, les représentants de la République dans le district des Hautes-Pyrénées décident de l’envoyer, ainsi que six autres jeunes, à l’école de Mars (créée à Paris le 13 prairial an III – 1er juin 1794) pour  » recevoir une éducation révolutionnaire, toutes les connaissances et mœurs d’un soldat républicain « . Moins de 4 mois après l’école est fermée, condamnée par la chute de Robespierre.

Gabriel Laffaille (16 ans et demi) se présente alors au concours d’entrée à l’École Polytechnique, tout juste créée. Le concours est moins difficile qu’actuellement : il faut savoir lire et écrire et avoir des connaissances, vérifiées par un examinateur, en arithmétique, algèbre et géométrie, et surtout être un bon révolutionnaire, ce qui est vérifié par un autre examinateur… Il y accompli une scolarité de 3 ans, est nommé chef de brigade (répétiteur pour les nouvelles promotions) puis rejoint, pour 2 ans l’école du Génie de Metz.

À partir du 12 ventôse an VII (2 mars 1799), comme officier du Génie, il fait campagne avec les armée du Danube, d’Italie, la Grande Armée, puis les armées des Pyrénées Orientales, de Catalogne; il prend part à de très nombreuses batailles (Montebello, Marengo, Barcelone, Pampelune, Waterloo…) sous les ordres des généraux Soult, Suchet, Murat, Brune … En 1833, il est est nommé Maréchal de Camp (Général de Division), chef d’état-major du Génie pour l’Armée du Nord. Frappé d’une attaque d’apoplexie, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1840 et décède à Pouzac le 5 mai 1840 à l’âge de 62 ans. Il était commandeur de la Légion d’Honneur, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, de l’Ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne, de la Couronne de Fer et de l’Ordre de Charles III d’Espagne. Une caserne de Besançon a porté son nom jusqu’en 1939 bien que comme officier du Génie il ait totalement détruit un quartier de la ville en 1813.

Sa carrière militaire, très houleuse en raison de son caractère entier et susceptible, fera l’objet d’un article détaillé.


Jean Gabriel Laffaille

Jean Gabriel Laffaille est le neveu de Gabriel.

Il est le fils de Jean Jacques Laffaille, propriétaire, et de Marie Anne Lasserre. Il est né le 22 août 1815, sur les bords de l’Adour, à Hiis (Hautes-Pyrénées), village d’un peu moins de 300 habitants, à environ 6 km de Pouzac.

Âgé de 17 ans, il intègre l’école avec la promotion 1832, avec le rang 85, après avoir passé le concours à Paris. Il est admis à redoubler la 1ère année et passe à la 1ère division en 1834, 118e sur 145; il est admissible dans les services publics en 1835, 137e sur 140 et intègre l’artillerie de terre.

Jean Gabriel Laffaille avance d’abord lentement dans la carrière militaire. Il est encore capitaine d’artillerie en 1852 à l’avènement du second empire. Il est envoyé en Crimée. Il se distingue à la bataille du pont de Traktir le 16 août 1855, où il est blessé. Il devient chef d’escadron après la prise de Sébastopol, lieutenant-colonel après la campagne d’Italie et colonel au Mexique. Au retour de cette expédition, il est nommé général de brigade. Lors de l’entrée en guerre avec la Prusse il est commandant en chef de l’artillerie à Metz. Il est fait prisonnier et envoyé en Allemagne. Revenu à Versailles, il se distingue dans les combats contre les insurgés de la Commune de Paris. Il est promu général de division puis nommé commandant en chef de l’artillerie du département de la Seine et membre du comité de l’artillerie. Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’Honneur. Il a effectué 48 ans de services, 16 campagnes, a été blessé 2 fois et reçu 3 citations à l’ordre de l’armée. Il décède à Paris, 35 rue de Berry, le 17 décembre 1880, à l’âge de 65 ans.


François Mercier, dit Édouard Mercier-Pageyral

François Mercier est né le 15 avril 1816 à Tayac (Dordogne). Il est le fils de Léonard Mercier et de Marie Cantalaube (voir la généalogie ici)

François Mercier (qui se fera rapidement appeler Édouard et adoptera le patronyme de Pageyral ou de Mercier-Pageyral) présente une première fois le concours d’entrée à Limoges en 1834. Il est admis, mais le rang obtenu ne le satisfaisant pas, il ne rejoint pas l’école et se représente au concours en 1835. Il est admis avec le rang 121. Il passe à la 1ère division en 1836, 71e sur 123 élèves. En 1837, il est admissible dans les services publics, 77e sur 117. Mais il est « non placé, par défaut de place dans un service de son choix, demandé exclusivement ». Il démissionne et restera ancien élève de l’École Polytechnique.

Il retourne à Tayac dont il sera maire pendant 22 ans (voir l’article sur les maires de Tayac).

François Edouard découvre les carrières de kaolin à Pagenal, lieu dit de Tayac. Il les exploite à partir de 1866. Le kaolin extrait de la carrière à ciel ouvert est traité dans les bâtiments de la Forge aux Eyzies, avant d’être vendu aux porcelainiers de Limoges. La mise en exploitation a été laborieuse, les industriels de Limoges étant réticents à utiliser ce kaolin.

Il s’associera pour l’exploitation avec son gendre Jean dit Jean Philippe Barry, licencié en droit. Celui-ci en poursuivra l’exploitation après le décès de son beau-père.

François Mercier-Pageyral décède à Tayac le 12 avril 1913.


Jean dit Auguste Mercier-Pageyral

Jean dit Auguste Mercier-Pageyral est né à Tayac le 28 août 1853. Il est le fils de François Édouard Mercier-Pageyral et de Jeane dite Anne Elina Destord.

Auguste Mercier-Pageyral passe le concours en 1873 à Toulouse. Il est classé 249e sur 250. Sa promotion est celle du mathématicien Jules Henri Poincaré. Il passe en 1ère division en 1874, 231e sur 242.

Son parcours à Polytechnique est particulier : il est « Petit Chapeau », comme le Maréchal Foch. Il ne passe que 1 an et 3 mois à l’école: le 7 novembre 1874 il est admis, par décision ministérielle, dans l’artillerie de marine, 10e d’une liste de 13. Il rejoint alors l’école d’artillerie et du génie de Fontainebleau et y termine ses études : 9 mois comme élève d’artillerie puis 1 an comme comme sous-lieutenant. Pendant cette période de leur scolarité, les élèves de l’X conservent leur bicorne et ne portent pas le lourd et volumineux shako des artilleurs, ce qui explique l’appellation de Petit Chapeau. À l’issue de ce parcours, ils sont mutés pendant un an dans un régiment puis sont nommés lieutenants, comme leurs camarades qui ont fait un cursus complet à l’École avant de rejoindre l’école de Fontainebleau, mais avec un jour d’avance sur eux !

Il est nommé lieutenant en second le 1er octobre 1877 à Cherbourg. Auguste Mercier-Pageyral est de santé très délicate, sans doute atteint de tuberculose : il est hospitalisé du 24 janvier au 1er février 1877 et en convalescence pour 3 mois, jusqu’au 4 mai 1877. Il est démissionnaire le 19 janvier 1878, apparemment pour raison de santé, atteint d’une bronchite avant son départ pour les colonies. Il devient lieutenant en second de réserve à Rochefort, dans le régiment d’artillerie de la Marine et des Colonies.

En avril 1879, il s’installe dans les Deux-Sèvres d’abord à la Chapelle Saint-Laurent puis à Bressuire. Il entre au service des chemins de fer de l’État. En 1882 il est sous-chef de section du cadre auxiliaire de 1ère classe pour la construction de la ligne de Neuville à Bressuire. En 1884 il est chef de section de 2ème classe. Il cesse ses fonctions le 16 juin 1884, son emploi étant supprimé.

Il décède le 22 juin 1896 à son domicile parisien dans le 12e arrondissement de Paris, 90 rue de Picpus.


René Méric

René Méric est né à Marseille le 25 janvier 1895. Il est le fils du Général Antoine Léon Méric, Commandeur de la Légion d’Honneur, et de Séraphine Joséphine Grau.

Il a épousé le 8 mars 1922 à Bordeaux, Marie Louise Renée dite Zette Cadapaud, cousine germaine de Jean Mercier-Pageyral. Il est aussi le père de Gérard Méric, époux de Françoise Mercier-Pageyral.

René Méric passe le concours de polytechnique à La Flèche, où (comme fils de militaire) il a accompli sa scolarité. Il est admissible comme « grand a » (les notes obtenues à l’écrit le dispensent de la 2e épreuve du petit oral) et admis en juillet 1914, avec le rang 166. La déclaration de guerre début août 1914 interrompt ses études (comme pour tous les autres admis) : il s’engage pour 8 ans le 20 août à la Mairie d’Angoulême. Il est incorporé au 52e régiment d’artillerie comme canonnier de 2nde classe et monte en grade rapidement : il est promu lieutenant en janvier 1915. Dès le mois d’avril de cette année, il est détaché dans l’aviation à l’escadrille MF 20 nouvellement créée à Lyon-Bron. Il remplit de nombreuses missions de repérage aérien et de réglage d’artillerie; il sera blessé 2 fois, dans des accidents d’avion, et obtiendra 6 citations.

Les cours à l’école reprennent en janvier 1919; il passe en 1ère division avec le rang 105 et et est diplômé en 1920 avec le rang 106. Il démissionne dès sa sortie de l’école n’ayant pu obtenir l’affectation qu’il souhaitait et devient ingénieur dans le civil : Société des Grands Réseaux Électriques à Pau, Société de Saint-Sauveur à Arras. Il est officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Pendant la Seconde guerre mondiale, le préfet du Pas de Calais le nomme maire de la ville d’Arras. Il est aussi président de la chambre de commerce d’Arras et Vice-président de la 1ère chambre économique.

René Méric trouve la mort dans un accident d’automobile le 8 novembre 1952 à Saint-Laurent-Blangy.


Avec Nicolas T. (1988) (et son frère Emmanuel (1992), Quentin et Gaëlle B. (2019 et 2021 ) on pourra encore trouver d’autres polytechniciens : Alexis Massenet, promotion 1943 génie maritime, premier époux de notre cousine Claude Redon, Louis Vignes de Puylaroque, promotion 1941, fils d’une lointaine cousine Delpit. Et sans doute d’autres encore …

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